
Janvier, encore en dormance, avec toute cette neige à l’heure où je vous écris au coin du feu, m’invite à vous raconter mon histoire. Je ne crois pas l’avoir vraiment fait depuis cette aventure Siana Swieca. Il est peut-être temps…
Pendant 10 ans, j’ai vécu derrière un appareil photo à raconter l’histoire de femmes mémorables. J’aimais observer, capter, révéler. Mais peu à peu, une petite voix s’est imposée : ma vie sans créativité n’était pas complètement remplie.
J’ai repris le chemin de l’école, non sans peine, à 32 ans et maman d’une petite fille en bas âge. J’ai obtenu mon CAP en bijouterie, puis je me suis formée auprès de grands ateliers. L’idée était d’y rester un moment… Mais ma sensibilité exacerbée a sonné le signal d’alarme. La pression, le manque d’empathie, l’intensité du travail (aussi intéressant qu’il soit) ne correspondaient pas à ma nature profonde.
Chaque jour, je me forçais un peu plus à rentrer dans un moule qui n’était pas le mien. Je me suis demandé si je n’étais pas trop sensible pour ce monde-là. J’apprenais un métier, mais je m’éloignais de moi-même.
J’ai arrêté de lutter contre ce que je suis. J’ai choisi d’écouter mon cœur, d’oser m’émanciper, et surtout de suivre ce besoin de créer avec mes mains pour transmettre des émotions sincères.
Siana Swieca est donc née, à mon image, à mon rythme, portée par mes valeurs.

Je ne viens pas d’une famille de bijoutiers, ni d’entrepreneurs.
Ce que ma famille m’a transmis de génération en génération, c’est le pouvoir des mains dans la terre.
Mon grand-père avait ce don de faire tout pousser, et d’une manière nonchalante déconcertante. Je me souviens avec nostalgie de sa tortue le harcelant pour ses incroyables framboises (elle lui mordillait l’ourlet de son pantalon !).
Ma maman, reine des boutures, a un savoir botanique impressionnant (aucun nom savant de plante ne lui échappe), et mon papa entretient un rapport presque mystique avec le monde vivant. Un jour, il a retrouvé son portable perdu dans un champ grâce à un chamois. Véridique.
Je m’arrête là, mais je pourrais donner des exemples sur les spécificités qu’ont chacune des personnes de ma famille avec la nature.

J’ai grandi avec pour valeur l’écoute du rythme de la nature, la beauté d’un bourgeon qui devient fleur, l’harmonie d’une danse de fourmis.
Le jardin est pour moi une ressource essentielle, autant pour mon équilibre que pour ma créativité. C’est naturellement là que sont nés mes premiers bijoux, avec ce besoin profond qu’ils portent en eux la mémoire du vivant.
La nature est fragile, mais profondément résiliente. Mes bijoux racontent cette histoire de fragilité et de force mêlées. Cette dualité guide mon travail.
Je crée des pièces sensibles et uniques pour les femmes qui les portent comme un rappel,
un ancrage dans leur quotidien,
celles qui ressentent intensément et savent que leur sensibilité est une puissance.